Jeudi 19/12/2013 – Conseil Communal - Interpellation citoyenne : extension des Hauts-Sarts

En ouverture de la dernière séance de 2013, le Conseil Communal d'Oupeye a cédé la parole à Mme Nicole Grégoire, au nom du Comité des Riverains des Hauts-Sarts, suite à l’enquête publique relative au projet d’extension du parc industriel des Hauts-Sarts, appelée communément « zone 4 ».

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Le Comité des Riverains des Hauts-Sarts, élu et formé par plus de 1000 Oupéyens (Vivegnis, Oupeye et Hermée),  craint fort de faire les frais des nuisances relatives à cette extension du zoning industriel qui se retrouvera tout à côté de leurs habitations (sonores, respiratoires, etc.).

Mme Grégoire a exposé le plan de l’occupation du zoning industriel au 30/11/2013. Dans ce plan, elle montre clairement qu’il existe dans les 3 zones existantes suffisamment de locaux et parcelles inoccupées.

  • des zones réservées à Elia et à l’ex-FN moteurs (dans quel but ?) ;
  • des surfaces à vendre ou à louer, objets avoués de spéculation de la part de sociétés immobilières qui les détiennent ;

ComRivHS.jpgLes surfaces ainsi disponibles totalisent plus de 60 Ha, ce qui est supérieur à celle du projet de zone 4. Le souhait des riverains est que la SPI occupe d’abord ces derniers terrains, avant de vouloir étendre le zoning.

Autre aspect relevé par les riverains : l’aspect financier. En effet, pour créer cette zone 4, la SPI entend exproprier des terres agricoles. Elle indemnisera les propriétaires à raison de 3 € le m² (30 000 € l’hectare). « La SPI, après avoir réalisé l’infrastructure, en partie grâce aux finances de la commune, revend les terrains aux environs de 40 € le m². Là se trouve son bénéfice qui lui permettra de continuer à mener grand train. » explique Mme Grégoire.

Le Comité émet aussi des réserves quant aux emplois qui seraient créés : « des chauffeurs esclaves des sociétés de logistique ? Ceux des victimes esclaves du dumping social, tant dénoncés récemment… ».

Les riverains interpellent ainsi le Conseil Communal pour que celui prenne position :

  • sur l’opportunité de crée aujourd’hui cette extension, alors que de grandes surfaces sont disponibles et font l’objet d’une spéculation éhontée ;
  • après l’avis réservé en attendant la fin de l’étude d’incidence, sur la remise d’un avis négatif conditionnel, en attendant l’occupation complète des terrains actuels ;
  • un éventuel moratoire sur cette future zone 4 ;
  • l’opportunité de dépenser l’argent « citoyen » pour cette zone 4 alors qu’il reste encore 1775 Ha de friches industrielles dans le bassin liégeois (recensés en 2008, avant la crise de la sidérurgie).

Par la voix de son 1er échevin Serge Fillot, responsable de l’aménagement du territoire et du développement économique, la Commune rappelle qu’elle n’est pas l’avocat de la SPI, mais membre d’une intercommunale qui développe un projet sur son territoire. Le dossier est en cours et les résultats de l’incidence doivent être injectés dans le projet. Il n’est pas exclu que l’enquête relative à la reconnaissance de zone doive être recommencée et une commission tripartite SPI – Commune – Riverains puisse être constituée.

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En ce qui concerne les terrains vides, l’échevin cite la divergence entre les chiffres du comité et ceux de la SPI : cette dernière fait état de 18,5 Ha disponibles (terrains de petite taille). La Commune entend cependant que ces terrains soient équipés avant la mise en œuvre de la zone 4.

Sur le plan financier, la Commune a fait part à plusieurs reprises de sa volonté de ne pas contribuer financièrement au développement des Hauts-Sarts. Elle souligne aussi que d’autres pistes sont à l’étude, par exemple, le site de Chertal.

La Commune d’Oupeye n’est pas non plus intéressée par l’installation sur l’extension  des Hauts-Sarts, de firmes à vocation purement et uniquement logistique. Celles-ci ne sont d’aucun intérêt fiscal ni en matière d’emplois, par opposition aux nuisances causées auprès des riverains. L’échevin Fillot a proposé à la SPI de formaliser officiellement ses déclarations dans la presse, par lequelles elle clarifiait ses intentions de ne pas y installer ce type d’entreprise et d’y prévoir l’installation d’activités de production affectées anciennement aux zones artisanales.

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